mercredi 14 mars 2012

Les trois mille fantômes. Antécime Nord du Sullo.

Le trois mille le plus occidental dans la zone d'Estats, est relié à la Pique d'Estats par le col frontalier de Sullo, borne où convergent les voies normales du Nord et du Sud. La frontière trace au sommet presque un angle droit : d'une orientation Est Ouest en venant de la Pique, elle tourne Sud Nord sur cette cime jusqu'au sommet proche du Guins de l'Ase. Le pic de Sullo est la naissance de trois vallées considérables, au Nord Est la vallée française de la Cometa d'Estats, au Sud la Vall Ferrera, au Nord Ouest la vallée de Broate.

Pic du Port de Sullo depuis la Pointe Verdaguer (Auteur : Joseba Calzada)


La première ascension vérifiable du Pic de Sullo fut accomplie par Jean d'Usel en 1902. Ici la toponymie espagnole, si elle doit servir à quelque chose, est génératrice de confusion. L'ancien nom de ces montagnes sur le versant de Vall Ferrera, y compris la Pique d'Estats, fut toujours Sulló. Mais les noms de Sulló et d'Estats étaient utilisés pour dénommer l'actuel col de Sotllo (2893m). La triangulation française s’appuya sur le signal de premier ordre du Montcalm, l'espagnole choisit comme signal la pointe la plus orientale des trois cimes de la Pique, aujourd'hui Pointe Gabarró, et l’appellation que reçut le signal fut Sulló. Le nom surprenant ici, par conséquent, c'est la Pique d'Estats (le vrai Sulló), dont l'origine est incertaine : peut-être un modernisme tire du le col tout proche ou comme certains le suggèrent il pourrait venir du lieu où se joignaient en d'autres temps la France, l'Espagne et l'Andorre. Mais "état" est un concept très récent et, dans ce cas, le nom devrait être "des trois états"; il pourrait aussi avoir la même origine que Astazous ou Estaubé dans le sens de lieu pastoral, du latin statu [Robert Aymard]. Signalons que le nom espagnol actuel du Pic Sotllo était Pic du Port de Sullo, nom que la toponymie française a conservé.

Sur la crête frontalière nord du Sullo, juste au lieu où elle s'abaisse sur le Col des Guins de l'Ase, on trouve une aiguille ou antécime au-dessus des 3000 mètres qui, selon la cartographie de l'ICC, est détachée du sommet principal par une brèche profonde de plus de dix mètres. Sur la crête occidentale et à une distance similaire du sommet se trouve aussi une autre antécime identique mais moins importante. Ces deux cotes ne sont pas répertoriées dans la liste Buyse des cotes restantes. La première est signalée par Miguel Angulo dans son livre "Pyrénées. 1000 ascensions. Vol. V" comme Antécime Nord avec une altitude de 3050m.

Pic du Port de Sullo et Sullo Nord depuis le col homonyme (Auteur : Joseba Calzada)


En 20 août 2009 Joseba Calzada prend les mesures GPS à la brèche notant une altitude de 3054,9m et à l'Antécime Nord de 3066,7m, donc une valeur pour la proéminence de 11,8m (la cartographie 1:5000 de l'ICC signale les valeurs de 3047,3m et 3058,2m respectivement).

Cartographie 1:5000 de l'I.C.C.


Données techniques :

Brèche Sullo-Sullo N ...... 31T x:367958 y:4725592 z:3054,9m
Sullo N ................ 31T x:367957 y:4725611 z:3066,7m

Consultez l'activité dans le lien suivant :
Sullo Nord.

FTer

mardi 24 janvier 2012

Les trois mille fantômes. Crabounouse Nord.

À l'ombre du Pic Long, versant Nord, se trouve le lac Tourrat (gelé en patois). Jusqu'au milieu du siècle dernier, les glaçons détachés du glacier nord quasiment disparu aujourd'hui, fendaient ses eaux d'un vert pâle particulier. Son emplacement dans l'un des endroits les plus ignorés des Pyrénées explique qu'il fut fréquenté tardivement. Effectivement, au milieu d'un cirque de cimes dépassant les 3000 mètres, son accès naturel depuis Pragnères, par la vallée de Barrada, est défendu par les ressauts difficilement praticables du cirque d'Érès Lits et la gorge de Marraut, les portes d'entrée les plus courantes étant le col de Pierrefitte abordable depuis le village de Villenave au dessus de Luz, le col Rabiet depuis Barèges, où se trouve le refuge ouvert Packe restauré (le deuxième des Pyrénées en ancienneté après le refuge de Tuquerouye et comme lui, œuvre de Lourde-Rocheblave) et la Hourquette de Bugarret depuis Cap de Long.

Un grand relief granitique sans hautes cimes ferme le bassin à l'Ouest du Lac Tourrat. L'endroit se nomme Crabounouse et forme trois buttes qui se dépassent à peine l'une de l'autre. La plus élevée, la Pale de Crabounouse, donne naissance à une crête considérable qui part à l'Ouest, offrant les pics délaissés de l'Espade et d'Estragna. Au Nord, la croupe granitique s'abaisse doucement jusqu'aux alentours du lac Rabiet et porte le nom de Crête de Crabounouse. Le versant Ouest de cette croupe est très escarpé, il y existe un itinéraire totalement oublié qui atteint le sommet depuis le cirque de Érès Lits, en suivant le parcours sauvage du ravin et du lac de Crabounouse.

Le mot Crabounouse, aussi Carbounouse, semble se rapporter aux rochers carbonifères gris-bleuté qui se trouvent sur le versant Sud Ouest. Du latin "carbon", en gascon "crabou" (Robert Aymard. Toponymie des trois mille).

L'isolement de la zone justifie que sa conquête soit relativement tardive. Malgré sa parution déjà dans la carte d’État-Major et sa citation par Russell en 1868, elle ne sera foulée, avec ses voisins Bugarret et Dent d'Estibère Male, que le 13 août 1890 par Brulle et De Monts, guidés par Célestin Passet et Bernat-Salles. Brulle fait une mention express des cinq pointes trouvées.

La cime nord du trio, cote restante 1045 de Buyse, remplit les prémisses établies, présentant une petite brèche avec la cime principale. Luis Alejos la signale comme antécime de la pale de Crabounouse. Miquel Capdevila et Hipólito Maeso la citent aussi, s'écartant tous les deux légèrement de leur parcours pour fouler la cime nord.

Pale de Crabounouse et Crabounouse Nord depuis la crête Ouest du Pic Long (Auteur : Joseba Calzada)


Le 27 juillet 2008, Joseba Calzada et Agustín Bakaikoa parcourent les cimes de Crabounouse et Bugarret. Sa mesure dans la brèche qui relie la cime centrale et la nord montre une proéminence de onze mètres pour celle-ci.

Track des pointes du Crabounouse (Auteur : Joseba Calzada)


Données techniques :

Crabounouse Nord........ 31T x:262098 y:4743396 z:3021,5m
Brèche......................... 31T x:262049 y:4743336 z:3010,5m
Pale de Crabounouse.... 31T x:261976 y:4743272 z:3028m

Consultez l'activité dans le lien suivant :
Crabounouse Nord.

FTer

mercredi 19 octobre 2011

Liste des trois mille de l'Anuario de Montañeros de Aragón (1968).

Dans le livre de Juan Buyse "Les trois mille des Pyrénées" on trouve un résumé des listes précédentes. Parmi celles-ci, l'auteur est stupéfait de trouver une liste, publiée par Montañeros de Aragón en 1968, dont l’inventaire des sommets est, pour le moins, surprenant. Nous avons analysé d'où vient la surprise de Buyse (voir : liste d'Almarza). Alberto Martínez Embid a eu la gentillesse de nous fournir la copie de la dite publication. Nous pensons ne pas abuser de sa confiance en la reproduisant ici.

En examinant cet état, n'oublions pas qu’il date de 1968, il n'est pas étonnant que Buyse reste pantois et qu'il l’exprime : "Il est facile d'imaginer le nombre d'interrogations que formulera le lecteur à la vue de si grandes absurdités. Remarquons que de cette publication jusqu'à aujourd'hui, 22 ans se sont écoulés seulement. Y aura-t-il une erreur dans la date de publication ?" (Edition de 1990).

Il n'y a pas d'erreur dans la date de publication : Bulletin nº 4 de Montañeros de Aragón, mais oui dans l’élaboration supposée par Buyse, puisque c’est une copie de la liste d'Almarza de 1932. Celui qui fit le calque ne tint pas compte que la liste d'Almarza était limitée seulement aux trois mille aragonais et l’étendit à toutes les Pyrénées. Ajoutons que le catalogue des sommets, qui était acceptable en 1932, ne l’est plus du tout en 1968. Buyse, bien qu’en doutant, donna pour bonne la date de la liste. A ce propos, Montañeros de Aragón, avec toute l'équipe, donna tête baissée dans l'erreur.

Liste des trois mille publiée par Montañeros de Aragón en 1968.


FTer

vendredi 9 septembre 2011

Les trois mille fantômes. Campbieil Sud-sud-ouest ou Pic Lentilla.

Le pic Campbieil (3173m) est l'un des trois mille les plus faciles à atteindre. Robert Ollivier signale qu'on pourrait y arriver à dos d'âne. Son sommet spacieux est l'un des meilleurs belvédères pyrénéens. Il est peu probable que le capitaine Loupot ait réussi à être le premier sur la cime pendant sa campagne topographique en 1848, mais c’est la première ascension documentée. L'extrémité sud offre une élévation secondaire surplombant trois vallées : de Cap de Long, de Piau-Engaly et de Campbieil. Dans cette extrémité-ci se joignent les crêtes de Lentilla et celle qui provient de la Hourquette de Cap de Long. Elle se nomme Pic Lentilla ou Campbieil Sud-Sud-Ouest. Nous apprenons dans l'œuvre récente de Pascal Ravier "L'aventure du Neouvielle" que les lentilles sont des vesces, vicia pyrenaica, plantes qui abondent sur le versant de Gèdre.

L'histoire de ce point, considéré comme sommet de trois mille, semble s'effacer comme un cours d'eau souterrain, pour reparaître sans une explication convaincante. Tel, le nom du sommet principal qui balance entre Campbieil et Badet. Remarquer qu’il se passe la même chose pour le proche Pic Badet. En plus, la Commission de Topographie et de Toponymie de la Fédération de Sociétés Pyrénéistes plaidait pour l'utilisation du nom de Camp Biélh en 1927.

Dans le "Guide des Pyrénées Centrales. Vol III" de Robert Ollivier on signale déjà ce sommet Sud du Campbieil sans aucune altitude. Il est cité dans la liste de trois mille de Sabino Echeandia en 1975, parue dans la revue "Pyrenayca" comme Lentilla, 3066m. Il est mentionné dans la deuxième liste de J.M.Feliu en 1978 avec le nom Lentille et 3156m. Il ne figure pas dans la liste de Jolfre dans la "Revue Pyrénéenne" en 1980. Buyse signale une cime Lentilla déjà dans sa première liste en 1986 dans la revue "Muntanya", mais lui attribue une altitude de 3044m prise sur la carte de l'IGN français, la mettant donc en pleine arête Lentilla. Sa présence continue dans la liste publiée dans la revue "Pyrénées" en 1988 et dans son premier livre en castillan et en français, déjà avec le nom de Campbieil Sud-Sud Ouest, 3175m.

Campbieil SSW ou Lentilla depuis le sommet du Pic Campbieil (Auteur : Jesús Mari Linaza)


Et alors, surprise, dans la troisième édition du livre de Buyse, il a disparu de la liste : l'auteur l’explique par son manque de proéminence par rapport au sommet principal du Campbieil. Il est relégué dans la liste des cotes restantes avec le numéro 1049. L'œuvre de Miquel Angulo "Pyrénées. 1000 Ascensions. Vol III" approuve cette disparition en 1996. Miquel Capdevila n'est pas d'accord et s’en fait l’écho dans son livre "Los tresmiles en 30 jornadas" de 1997, où il maintient ce sommet. En 2004 est publié par les éditions Desnivel un livre, œuvre de Lluís Borràs, dont le titre "Tresmiles de los Pirineos. Guía práctica. 213 cumbres / Fichas técnicas" laisse entendre que le nombre des trois mille de Buyse, 212, a été augmenté d’un. Effectivement, le Campbieil Sud-Sud-Ouest reparaît : D’où le numéro 213 pour énumérer les cimes de trois mille mètres dans les Pyrénées et qui a surpris tellement de pyrénéistes. Luis Alejos dans son "Guia de los 3000" continue de le citer comme antécime du Campbieil.

Pic Campbieil depuis Lentilla (Auteur : Jesús Mari Linaza)


Le 18 août 2010, Jesús Mari Linaza, mesure avec GPS la proéminence du Campbieil SSW trouvant une valeur de 18 mètres, et une altitude au sommet de 3165m.

Consultez l'activité dans le lien suivant :
Campbieil SSW ou Lentilla.

Données techniques :

Campbieil...... 31T x:264527 y:4741943 z:3182m
Col............ 31T x:264333 y:4741723 z:3147m
Lentilla....... 31T x:264302 y:4741609 z:3165m

La cartographie de l'IGN français signale cette cote avec une altitude 3157m.

FTer

mercredi 10 août 2011

Hipólito Maeso Rueda.

Le chiffre magique et capricieux des 3000 mètres a fait que beaucoup d’alpinistes, envoûtés par la Chaîne Pyrénéenne, aient eu l’initiative d’atteindre tous ses sommets au-dessus cette altitude ronde. Des listes de sommets, il y en a eu beaucoup depuis le début du pyrénéisme. Mais aujourd’hui, en plus de la liste du Centre Excursionista de Lleida, il existe la liste des 212 trois mille de Buyse, qu’avec le groupe des “Chasse-fantômes” nous essayons de compléter en nous basant sur la seule règle objective proposée depuis sa création par l’équipe: qu’il existe 10 mètres au moins de proéminence. Ainsi, nous pouvons trouver de « nouvelles » pointes ou rejeter celles qui n’ont pas la dite proéminence. Et tout ceci surtout, grâce à la facilité des mesures fournies par les GPS de plus en plus populaires.

Il y a de plus en plus d’alpinistes qui ont réussi l’ascension des sommets au-dessus de trois mille mètres dans les Pyrénées. Déjà certains l’ont fait avec un mérite remarquable : Jordi Farré et Jesús Almarza, du CEL, les atteignaient tous pendant l’année 1998. Marta Alejandre et deux autres alpinistes les ont parcourus durant 52 jours continus entre septembre et octobre 2010.

D’un autre côté, Javier Fernández, un garçon valencien, seulement âgé de 16 ans, en 2005, accomplissait la liste des trois mille. A l’opposé, le « jeune » Lluis Garrofé, de Tartareu (Lérida), est sur le point de terminer la liste du CEL âgé de 80 ans !

Mais cette entrée nous voulons la dédier à l’alpiniste Hipólito Maeso. Ce madrilène de naissance, et pyrénéiste d’adoption, en plus de présenter un curriculum d’ascensions et d’escalades frappantes, a, ce que nous jugeons un exploit difficile d’égaler : faire tous les sommets de la liste des 212 en 34 jours continus d’activité, entièrement à pied et presque tous en solitaire.

Hipólito Maeso fit ces ascensions pendant l’été 1999, précisément l’année qu’il marchait sur ses 50 ans, montrant qu’il n’est pas nécessaire d’aller à des montagnes exotiques pour réaliser des exploits alpinistes de premier ordre. Le récit de son parcours est recueilli dans le livre qu’il a lui même publié en 2001 : « Qué bonitos son los Pirineos », œuvre qui, actuellement, est assez difficile à trouver.

Malheureusement, 5 ans après, en juillet 2004, Hipólito Maeso, à côté de Roberto Vázquez, périssait, après avoir escaladé dans les Alpes, la pointe Dufour. Ils affrontèrent la descente au milieu d’un grand orage et de forts coups de vent qui les emportèrent à jamais.

En plus de rappeler les gestes importants qu’il est encore possible de faire dans les Pyrénées, nous voulons aussi souligner les apports qu’Hipólito fit au long de son parcours pour compléter la liste des trois mille. Ainsi, dans le livre susnommé, nous pouvons signaler diverses notes et commentaires sur les trois mille : il parle des énigmatiques Aiguilles du Clot de la Hount, de sommets qui sont passés sans se rendre compte (ont-ils en réalité les 10 mètres de proéminence ?), sur la non inclusion dans la liste des 212 du Pic Lentilla ou Campbieil SSW, des trois possibles sommets de la Pale de Crabounnouse, du peu de singularité d’une des aiguilles dans la crête du Lézat, des deux pointes de l’Aiguille Argarot (que mentionne déjà la nouvelle carte de l’Editeur Alpina et que les Chasse Fantômes ont vérifié comme nouveau trois mille) ou les doutes sur le sommet réel de l’Aiguille Russell Supérieure.

Couverture du livre écrit par Hipólito Maeso décrivant son parcours pyrénéen.


Quatrième page de couverture de la même œuvre.


Pour nous, sans aucun doute, ce serait un honneur qu’il fît partie de notre groupe de Chasse Fantômes.

Carles

mercredi 3 août 2011

Les trois mille fantômes. Algas Sud-Est.

Le groupe montagneux qui s'élève au-dessus du Balneario de Panticosa a toujours joui d'une toponymie confuse, peut-être en raison des différents aspects qu'offrent les vues depuis Sallent et la station Balnéaire et qui faussent l'identification des cimes. En plus il faut ajouter l'interprétation des noms entendus par les pionniers français pour que la confusion ait régné dans le secteur. Ainsi le Pic Argualas a été nommé : d'Algas, Arollas, Arualas; le Garmo Negro a pris la dénomination de : Arualas, Arnales, Pundillos; et notre pauvre Algas, qui ne se voit pas depus la station Balnéarie mais, en revanche, est le sommet le plus visible depuis Sallent, a probablement recueilli tous les noms cités. En outre, ajoutons l'importante pointe du Pic de la Bandera où l'on commémore l'ascension du Pic Argualas, en plantant un drapeau, lors de la fête de la Vierge du Carmen, le 16 juillet.

Le sommet de l'Argualas, le plus abrupt du groupe, est relié au pic d'Algas par une crête effilée orientée Est-Ouest. Deux cotes intermédiaires y font saillie. La plus proche de l'Algas, et la plus haute des deux, figure dans l'inventaire des cotes restantes de Buyse avec le numéro 1010. Elle est placée à 100 mètres à peu près de l'Algas.

Le 15 août 2007, Joseba Calzada parcourut la crête entre l'Algas Nord et l'Argualas en sa totalité, en prenant les mesures des aiguilles et brèches. Il en résulte que cette cote présente une proéminence de 11,3 mètres vers l'Ouest, côté Algas, et de 21,4 mètres vers l'Est, côté Argualas, sa cote étant selon la mesure GPS, de 3022,7 mètres.

Crête Algas Argualas depuis le versant du Garmo Negro (Auteur : Joseba Calzada)


Détail cartographique de la zone (source : SITAR)


Comme nom nous proposons Algas Sud-Est, étant donné que tel est son emplacement par rapport au pic d'Algas.

On constatera qu'autour du sommet de l'Algas se déploient trois crêtes, et toutes les trois ont une élévation proche du pic. C'est la raison de l'inclusion du nommé Algas Nord entre les cotes secondaires. Il a été vérifié que cette cote nord ne remplit pas avec la règle émise par Buyse des 10 mètres (7,5 mètres de proéminence vers l'Algas). Dans la crête vers l'Argualas, l'Algas Sud-Est que nous signalons ici, et dans la crête Sud-Ouest restante, il y a aussi une cote avec 3007 mètres que nous n'avons pas mesurée et qui semble être près des 10 mètres, c'est la cote restante 1008. Il est étonnant que, des trois satellites autour du Pic Algas on ait choisi pour figurer dans la liste, celui qui a le moins de proéminence : l'Algas Nord.

Signaler aussi que la dénomination préférée dans l'Aragon pour le Pic d'Algas est "Algás".

Consultez l'activité dans le lien suivant :
Algas Sud-Est.

Données techniques:

Algas S.E. :............. 30T x: 723476 y: 4738826 z: 3022,7
Le Servicio de Información Territorial de Aragón signale une altitude de 3013,45 m.

FTer

vendredi 3 juin 2011

Les trois mille de la liste de Chausenque (1854).

Vincent de Chausenque (1782-1869), dans la première moitié du XIXème, influencé par Ramond, accomplit une exploration méthodique des Pyrénées françaises de mer à mer, avec quelques incursions en territoire espagnol quand c'était permis par le hasard des guerres successives. En 1824, dans une tentative au Vignemale, il atteint la Pointe qui, aujourd'hui porte son nom, par la crête depuis le Petit Vignemale, ce qui n'est pas une ascension insignifiante. Ayant faite le plus difficile, ils n'osèrent pas passer à la Pique Longue, par crainte de fouler la glace. Les glaciers, alors inspiraient un profond respect. Première du Néouvielle en 1847.

En 1834, il publie une longue œuvre sur la totalité des Pyrénées. Il fait une actualisation en 1854 dans deux tomes, intitulée : "Les Pyrénées ou voyages pédestres dans toutes les Régions de ces montagnes depuis l'Océan jusqu'à la Méditerranée". Les livres originels peuvent être consultés dans la page web de la Bibliothèque Nationale Française [Tome I.] et [Tome II.].

C'est un fait que Chausenque n'établit aucune liste de trois mille, mais dans les annexes de son livre figure une liste non exhaustive d'altitudes, comprenant villages, cols et sommets. Il y a un nombre considérable de cimes, et parmi celles-ci se détachent quelques trois mille. Une caractéristique est que les altitudes sont exprimées en mètres et en toises et qu'y figure l'auteur de la mesure. C'est par conséquent une compilation magnifique des travaux faits antérieurement par différents spécialistes.

Dans le cas hypothétique où quelqu'un se fût intéressé aux trois mille à l'époque, il n'y a pas de doute qu'il aurait tiré ses objectifs de ce rapport-ci. Relation, d'autre part, qui nous offre une vision très claire de l'état de connaissance des altitudes maximales de la Chaîne au milieu du XIXème siècle, soulignant par ses lacunes tout ce qui restait encore à explorer.

Dans la relation de sommets que l'on trouve en continuant, les altitudes précises obtenues par Peytier appellent l'attention. Le professionnalisme se manifeste là dans le travail géodésique qui sera la base pour l'élaboration de la carte de l'État Major français en la seconde moitié du siècle. Chausenque s'en fait l'écho, remarquant comme mesures les plus exactes celles obtenues par le colonel Corabœuf, le capitaine Peytier et les lieutenants Testu et Hossard, bien qu'il inscrive aussi les altitudes obtenues par d'autres.

Voyons donc quelles étaient les cimes de trois mille mètres recensées vers 1850. Nous reproduisons les entrées du tableau de Chausenque (pages 326 à 332 du deuxième tome) tels qu'il les écrit, en notant les altitudes en mètres et en toises et avec quelque commentaire pour éclairer quelques uns des noms exposés.

Le Mont-Calm3030m1580tCorabœuf 
 3157m1620tReboul 
Pique d'Estats3141m1612tCorabœuf 
 3251m1668tReboul 
Pique Fourcanade ou Maïl d'Espouïs2882m1479tPeytier 
 3058m1569tReboul 
Crête de la Maladette à l'ouest des Pics3171m1627tCharpentierSe rapporte à l'un des Pics Occidentaux de la Maladetta
Pic Occidental, glacier3312m1699tPeytierC'est le Pic de la Maladetta
Pic de Malahitta, glacier3354m1721tPeytierC'est le Pic Maudit
 3483m1787tReboul 
Pic Oriental de Néthou, point culminant3404m1780tPeytier 
 3580m1837tReboul 
 3370m1729tTchihatchef 
Pic de Carbious, vallée de Lys, glacier3177m1630tReboulPic des Crabioules
Tuc de Maupas, glacier3110m1595tPeytier 
 3148m1615tReboul 
Pic Quartau, glacier3143m1613tPeytierC'est le Gourgs-Blancs
Pic Quayrat, glacier3059m1569tPeytier 
 3089m1585tReboul 
Pic Posets ou Pic Poleto, Val d'Astos, glacier3367m1728tPeytier 
 3438m1764tVidal et Reboul 
Perdighero, montagne3220m1652tPeytier 
Pic Pétard3177m1630tPeytierC'est le Grand Batchimale ou Pic Schrader
Pic de Hermitans entre le val de l'Asto et Louron3029m1554tVidal et ReboulMême si le Hermitans a été utilisé aussi pour les Gourgs-Blancs, ici il semble désigner la Pic de Clarabide
Pic de Thou3023m1551tPeytierLe Lustou
Pic de Batoa ou de Biedous, Punta de Souelsa3034m1557tPeytierPic de Batoua. Curieusement la Pointe Suelza est confondue avec ce pic
 3052m1566tVidal et Reboul 
Le Mont-Perdu, glacier3351m1719tPeytier 
 3436m1763tRamond 
Le Cylindre, glacier3322m1704tPeytier 
 3333m1710tRamond 
Pic de la Cascade ou extrémité de la Plateforme, glacier3276m1681tRamondSe rapporte au Pic de Marboré
Le Taillon, glacier3146m1614tPeytier 
 3214m1649tVidal et Reboul 
Montagne de Troumouse, glacier3086m1583tPeytierPeytier se base sur l'actuel pic de Troumouse, point géodésique. Il est possible que Vidal et Reboul désignent le point le plus élevé, La Munia
 3200m1642tVidal et Reboul 
Cambielle, montagne, glacier3174m1628tPeytierPic de Campbieil
 3235m1660tVidal et Reboul
Pic Long, glacier3192m1638tPeytier 
 3251m1668tVidal et Reboul 
Neouvieille, montagne, glacier3091m1586tPeytier 
 3155m1619tVidal et Reboul 
Vignemale, montagne, glacier3298m1692tPeytier 
 3356m1722tVidal et Reboul 
Pic de Badescure ou Costerillou, glacier3148m1615tVidal et ReboulC'est le Balaïtous
Pic de Baretous, glacier3146m1613tPeytierOu Balaïtous. Peytier et Hossard réussirent la première ascension en 1825, en faisant station l'année suivante
Pic d'Arriengrand3003m1541tVidal et ReboulC'est le Pic de Palas
Som de Séoube, montagne3132m1607tJunkerDe nouveau le Balaïtous, mais ici mesuré en 1790
 


Nous remarquons que Chausenque signale comme sommets distincts les différents noms attribués au Balaïtous. Ici on pourrait citer la relation qu'offre Beraldi sur les trente six noms de cette montagne. Il n'est pas étonnant que la confusion ait régné à ce sujet, nous l'avons trouvée dans des listes très postérieures (voir la liste de la UEC). Les altitudes obtenues par Vidal et Reboul, presque toujours par excès, sont dues à une erreur commise dans un fait initial à Tarbes.

FTer