lundi 20 août 2012

La liste des trois mille de Manuel Cortés (1977).

La liste des trois mille de Manuel Cortés (1977). Entre les deux opuscules de Juan María Feliú et indépendamment d’eux, en 1977, est publiée une nouvelle liste de trois mille. Son auteur est Manuel Cortés (Manel) et figure dans le Bulletin du Centre Excursionista de Lleida dans le numéro de novembre de l'année dite, avec le titre "Els tres mil del Pirineu". Cortés signale expressément qu’il cite toutes ces pointes ("cims principals i també els de segona fila") qui ont une personnalité suffisante pour avoir mérité un nom. Voici le premier critère et le plus immédiat pour valider un trois mille. Certes, celui qui n'a pas de nom n'existe pas, ne figurant ni dans la bibliographie ni dans la cartographie. Il regroupe les cimes par ensembles géographiques ou massifs, en créant onze zones qui sont celles qu'ultérieurement adoptera Buyse. L’avis même de Manel est que sa liste ne fut pas utile à la liste ultérieure de Feliu Izard, celle qui, par la suite, sera officialisée d'une certaine manière par le Centre Excursionista de Lleida. Aujourd'hui Manel renie son travail, vu la dérive prise après l'affaire des trois mille. On peut la considérer comme la première liste catalane embrassant toute la chaîne.

En préparant sa liste, Manuel Cortés se base sur la cartographie existante alors essentiellement d'Editorial Alpina, et des cartes topographiques de l'IGN espagnol dans les zones délaissées par la maison de Granollers. Les noms pour le territoire français sont extraits du guide Ollivier, mais un détail toponymique signale qu'il n'a pas consulté la cartographie officielle française.

Le nombre de sommets comptabilisés par Cortés est 122. Peu à peu, on voit sortir de nouvelles cotes de trois mille. Vu le critère utilisé, on peut dire qu'on découvre des dénominations jusqu'alors masquées dans une carte ou récit anciens.

Nous reproduisons ici, en entier, la liste de Manuel Cortés, avec quelques notations pour éclaircir des points confus.

REGIO DE PIEDRAFITA-PANTICOSA
       
    m.  
1 Frondella Occid. 3000  
2 Frondella Central 3064  
3 Frondella Oriental 3069  
4 Balaitous 3146  
5 Agulla Anònima 3024 (1)
6 Gran Facha 3006  
7 P. Infierno Occid. 3076  
8 P. Infierno Central 3091  
9 P. Infierno Orient. 3006  
10 P. de los Arnales 3001  
11 Pondiellos 3060 (2)
12 Argualas (Arollas) 3045 (3)
13 Algas 3030  
       
REGIO DE VIGNEMALE
       
    m.  
14 P.Tapou 3143
15 Montferrat 3220  
16 P. Central 3235  
17 Cerbillonar 3222  
18 Clot d'Era Hount 3285  
19 Pique Longue 3298  
20 Pitón Carré 3198  
21 Pointe Chausenque 3205  
22 Petit Vignemale 3032  
       
REGIO D'ORDESA-GAVARNIE
       
    m.  
23 Gabieto 3034  
24 Taillon 3144  
25 El Casco 3006  
26 La Torre 3012  
27 Espalda de Marboré 3077  
28 P. Occ. de la Cascada 3099  
29 P. Central de la Cascada 3165  
30 P. Oriental de la Cascada 3165  
31 P. de Marboré 3253  
32 Cilindro de Marboré 3328  
33 Monte Perdido 3352  
34 Soum de Ramond 3254  
35 Punta de las Olas 3002  
36 Petit Astazou 3024  
37 Gran Astazou 3080  
       
REGIO DE TROUMOUSE-BARROSA
       
    m.  
38 Robiçera (Louseras) 3007  
39 La Munia 3134  
40 Petit Munia 3096  
41 Serra Morena 3090  
42 P. de Troumouse 3085  
43 P.Heid 3022  
       
REGIO DE CAMPBIEIL-LONG
       
    m.  
44 P. Long 3194  
45 P. Badet 3162  
46 P. de Campbieil 3175  
47 P. Estargne 3006  
48 P. Tourrat 3030 (4)
49 P. Maubic 3069  
50 P. de Néouvielle 3092  
51 Turon de Néouvielle 3031  
52 Trois Conseillers 3042  
53 Pointe Ramoung 3010  
       
REGIO CINQUETA DE LA PEZ
       
    m.  
54 Batoua (Culfreda) 3035  
55 Lustou 3026  
56 P. de l'Abeillé 3036  
57 Punta Ledormeur 3120  
58 Gran Bachimala 3166  
59 Punta del Sabre 3143  
       
MASSIS DE POSETS-ERISTE
       
    m.  
60 Tucón Royo (Pavots) 3121  
61 Las Espadas 3332  
62 Posets (Lardana) 3375  
63 Los Gemelos 3125 (5)
64 Bardamina Occid. 3110  
65 Bardamina Oriental 3079  
66 P. Eriste S. 3045  
67 P. Eriste Central 3053  
68 P. Eriste N. 3025  
69 Turets (Forqueta) 3007  
       
REGIO D'ESTOS-ESPINGO-LYS
       
    m.  
70 Clarabide Occid. 3021  
71 Clarabide Oriental 3028  
72 P. de Gias 3011  
73 Pouchergues 3006 (6)
74 Pointe Camboué 3043 (7)
75 Pointe Saint-Saud 3079 (8)
76 Pointe Lourde-Rocheblave 3107  
77 Gourgs Blancs 3131  
78 P. d'Oô (Arlaud) 3074  
79 P. Gourdon 3034  
80 Spijeoles 3065  
81 Cap dera Baquo 3106  
82 Gran Pic Seilh dera Baquo 3114  
83 P. del Portilló d'Oô 3044  
84 Perdiguero 3221  
85 P. Royo de Literola 3143  
86 P. Quairat 3034  
87 P. de Lézat 3090  
88 Crabioulés Occid. 3115  
89 Crabioulés Oriental 3119  
90 Malpás 3109  
91 P. del Bom 3004  
       
REGIO LA MALADETA-VALLHIVERNA
       
    m.  
92 P. d'Alba 3118  
93 Dent d'Alba 3136  
94 P. Le Bondidier 3150  
95 Aragüells 3037  
96 Piedras Albas 3000 (9)
97 Maladeta, 1.er Occid. 3195  
98 Maladeta, 2.o Occid. 3220  
99 Maladeta, 3.er Occid. 3252  
100 Maladeta Oriental 3308  
101 Punta Astorg 3354  
102 P. Maldito 3350  
103 P. de Enmedio 3345  
104 P. de Coronas 3310  
105 Aneto 3404  
106 Espatlla d'Aneto 3350  
107 Tempestats 3290  
108 Margalida 3241  
109 P. de Rusell 3205  
110 Tuc de Mulleres 3010  
111 P.de Vallhiverna 3067  
112 Las Culebras 3062  
       
REGIO DE CALDES
       
    m.  
113 Biseverri N. 3014 (10)
114 Besiverri Central 3003  
115 Besiverri S. 3030  
116 Comaloforno 3033  
117 Punta Passet 3002  
118 Punta Alta 3014  
119 Pala Alta del Serrader 3001 (11)
       
MASSIS DE SOTLLO-ESTATS
       
    m.  
120 P. de Sotllo 3073  
121 Pica d'Estats 3143  
122 Montcalm 3080  


(1) C'est l'actuelle Aiguille Cadier qui figure comme Pico Anónimo dans l'ancienne cartographie Alpina.

(2) C'est le Garmo Negro. Le nom Pondiellos semble venir de Russell et Wallon qui appellent Pundillos ce sommet. Bien que la cartographie espagnole place le nom Pondellos sur les Pics d'Arnales dans la feuille 145 Sallent en 1936.

(3) Le nom Arollas ou Arualas était utilisé en France pour le Garmo Negro. Dans la feuille 145 Sallent 2ème édition en 1963 on nomme Arualas le Pic Argualas.

(4) C'est le Pic Bugarret. Dans toute la cartographie française il figure comme Bugarret. Manel, interrogé sur cette dénomination, signale qu’elle provient d'une carte dont il n’a plus le souvenir, ou que, pour surplomber le lac Tourrat, le nom serait de sa propre création. Nous n'avons trouvé aucun lieu où soit utilisé le nom Tourrat pour Bugarret.

(5) Il semble provenir des premières éditions de la carte Posets d'Editorial Alpina où la cote 3125 est signalée avec le nom Los Gemelos, la cote 3160 ne figurant pas. Dans d’ultérieures éditions figurent les deux cotes, mais le nom Los Gemelos a été déplacé à la pointe 3160.

(6) (7) (8) Pouchergues : c'est ici l'actuel Pic Saint-Saud. Ces trois cotes avec leurs noms semblent tirées du guide Armengaud-Comet de 1953 "Pyrénées IV. Guide de la Région d'Aure et de Luchon" qui contient un croquis avec ces noms. Pour un exposé exhaustif sur les noms des pointes autour des Gourgs-Blancs voir l'article "Histoire d'une montagne, les Gourgs-Blancs" de F.Termenón et R.Aymard dans Pyrénées nº 241, janvier 2010.

(9) Le pic de Piedras Albas, voisin du Pic Aragüells, figura longtemps dans la cartographie avec 3000 mètres d'altitude. Pic nº 3 d'Estatas avec 3010m dans la carte esquisse "Les Monts Maudits" de Léon Maury en 1945. Et dans la première édition de la carte Alpina "Alto valle del Ésera I - La Maladeta" en 1958 il est répertorié avec une altitude de 3000m. Plusieurs cotes de 3000 mètres au Sud du Lac Cregüeña dans les éditions, la première en 1934 et la deuxième en 1950, de la feuille 180 Benasque de la Carte Topographique Nationale 50k. Aujourd'hui son altitude est 2993m.

(10) Biseverri (sic), semble une erreur de l'imprimeur.

(11) Pala Alta du Serrader qui, dans le guide Pallars-Arán du CEC, œuvre d'Agustín Jolís et Maria Antonia Simó, est citée avec 3001 mètres d'altitude. Aujourd'hui elle est cotée 2983m.

FTer



Addenda, 3 avril 2026.

Le fils de Manuel Cortés nous informe aujourd'hui du décès de son père, survenu le 6 novembre 2020. Qu'il repose en paix.

vendredi 22 juin 2012

Les listes des trois mille de Juan María Feliú (1976 et 1978).

Juan María Feliú Dord, membre de la saga fraternelle des Feliú (quatre frères montagnards navarrais dont l'ainé était Marcos Feliú), publia en 1976 une liste de trois mille comprenant 110 cimes. Dans une deuxième édition en 1978, il ajoutait cinq sommets.

Ce qui est intéressant dans ces deux listes est que pour la première fois on couvre la chaîne complète, en ne faisant pas de différence entre la situation nationale ou régionale des sommets. Le seul critère retenu c'est dépasser les 3000 mètres.

J'ai eu la chance de contacter Juan Mari il y a quelques années, ainsi j’ai pu connaître de première main quelques détails sur l'élaboration de ses listes et dans quel but elles furent publiées. Juan Mari eut l'attention de m'offrir un exemplaire de la deuxième édition qui a pour titre : "Pirineos: los 115 "tres miles" de la cordillera", tirée par le Club Deportivo Navarra en Iruña, novembre 1978.

Dans les premières années 70, Juan Mari, qui alors résidait à Saint-Jean de Luz, sous le pseudonyme "Kulixka", publia entre janvier 1974 et février 1977 dans le Diario de Navarra, une page hebdomadaire dédiée aux trois mille avec le titre de "Cumbres pirenaicas". On y parlait un peu d'histoire, d’itinéraires, d’esquisses et de dessins.

En même temps paraît dans la revue Pyrenaica de la Fédération Basque-Navarraise de Montagne (nº 3 de l'année 1975) un article de Juan Mari sous le titre : "El Pirineo a debate". Il y exposait son avis sur le traitement futur des affaires pyrénéennes (sportives, environnementales, de développement...) et envisageait la Chaîne en son unité, oubliant la vue étroite centrée sur une région. Ce qui semble évident aujourd'hui, il fallait l’observer à cette date pourtant proche. Habitant en France, Juan Mari sentait les sensibilités différentes autour des Pyrénées, et, c'est son mérite, remarquait comment, à la fin du franquisme, pouvaient se développer en Espagne les relations humaines avec la montagne dans la scène pyrénéenne. Depuis lors, toutes les listes de trois mille qui seront publiées embrasseront toute la Chaîne, contrairement à celles publiées avant, qui étaient limitées à une région ou pays.

Il développe la même idée pour le Pays Basque, publiant en 1974 un opuscule où il réunit les montagnes basques avec la base du Catalogue de la Hermandad de Centenarios.

Juan Mari qui travaille dans une imprimerie à Saint-Jean de Luz en profite pour éditer en 1976 sa première liste avec 110 sommets. Vu son lieu de naissance on peut prétendre que c’est la première liste française des trois mille.

En 1978, déjà, de sa Pamplona natale, le livret comprenant sa deuxième liste avec 115 sommets est publié aux frais du Club Deportivo Navarra. Les nouveautés par rapport à la première sont la parution des sommets Oriental et Occidental du Pic d’Enfer, le Pic Central des Frondellas, la Tour de Costerillou et l'Aiguille d'Ussel.

Nous reproduisons ici en entier cette dernière liste. Elle est divisée en trois secteurs : Occidental, Central et Oriental, et en plus des cimes et de leurs altitudes on signale le massif correspondant, les villages les plus proches, les auteurs et les dates des premières ascensions de chaque sommet. Par ailleurs on ajoute dans toutes les pages des avertissements de caractère écologique ou montagnard. Nous signalons les auteurs et dates des premières ascensions tels qu’ils apparaissent dans le livret, toutes précautions prises sur ces informations car il y a de nombreuses erreurs.

Couverture du livret de Juan María Feliú publié en 1978 par le Club Deportivo Navarra.


(A) SECTEUR OCCIDENTAL
    
SOMMETALTITUDEPREMiÈRE
1BALAITUS3145m8-8-1825. Peytier et Hossard
2COESTERILLOU Tour3049m18-8-1913. Edouard et George Cadier
3AIGUILLE D'USSEL3023m7-1908. Ussel, Castagné et Soubie
4CADIER Aguja o P.Anónimo3022m30-8-1911. Frères Cadier
5FRONDIELLA ORIENTAL3068m 
6FRONDIELLA CENTRAL3033m 
7GRAN FACHA3006m 
8INFIERNO P.CENTRAL3090m 
9INFIERNO P.OCCIDENTAL3074m 
10INFIERNO P.ORIENTAL3076m 
11ARGUALAS3046m1790. Heredia et Junker
12ARNALES3005m 
13GARMO NEGRO3070m 
14PIQUE LONGUE3289m7-8-1938. Miss Lyster,Cazeaux et Cartes
15CERBILLONA3247m 
16MONFERRAT3220m 
17PITON CARRE3198m 
18POINTE CHAUSENQUE3205m30-6-1822. Chausenque et Latapie
19CLOT DE LA HUNT3274m 
20TAPOU3148m1833. Russell
21PETIT VIGNEMALE3082m1798. La Beaumelle
    
    
(B) SECTEUR CENTRAL
    
SOMMETALTITUDEPREMIÈRE
22GABIETO3032m 
23GABIETO SUR3024m
24TAILLON3146m1792. Heredia
25CASCO MARBORE3005m 
26TORRE MARBORE3018m 
27P.OCC. DE LA CASCADA3085m 
28PICO CENTRAL3146m1888. Brulle
29PICO ORIET. DE LA CASC.3157m 
30ESPALDA MARBORE3069m 
31MARBORE3253m 
32CILINDRO3327m1863. Russell
33ASTAZU GRAND3083m22-7-1870. Russell et C.Passet
34ASTAZU PETIT3024m 
35MONTE PERDIDO3353m6-6-1802. Rondo, Laurens, Ramond et un aragonais
36SOUM DE RAMOND3130m1877.Russell et camarades
37TUCA3018m 
38PIC LONG3069m1864. Duq de Nemours
39NEOUVIELLE3092m1847. Chausenque et Teintu
40TROIS CONSEILLERS3056m 
41BADET3161m 
42CAMPBIELL3175m 
43BUGARRET3006m 
44RAMOUNG3010m 
45LENTILLE3156m 
46TOUR NEOUVIELLE3042m 
47ESTERAGNE3005m 
48LA MUNIA3134m 
49LAUSERAS3007m 
50TROUMOUSE3085m 
51HEID3022m 
52LA MUNIA PETIT3096m 
53SIERRA MORENA3058m 
54SCHRADER3177m19-7-1878. Schrader et H.Passet
55LEDORMEUR3120m 
56PUNTA SABRE3145m 
57ABEILLE3036m 
58PETIT BACHIMALA3060m 
59CULFREDA3034m1848. Capitain Langot
60LUSTOU3025m29-7-1884.Brulle et C.Passet
61BAGUEÑOLA3035m.19-7-1878. Russell et F.Barrau
62TOURETS3014m12-8-1905. Le Bondidier et Sansuc
63BERALDI3005m13-8-1905. Le Bondidier et Sansuc
64ESPADAS3332m10-8-1905. Le Bondidier, Cansuc, Camboué
65POSETS3375m6-8-1856. Halket, Rendonnet et Barrau
66DIENTE LLARDANA3085m22-7-1913. Brulle
67PAVOTS3122m22-7-1885. Russell et P.Barrau
68BARDAMINA3079m7-7-1914. Brulle, Castagné et M.D'Estrux
69TUCA LLARDANETA3311m 
70GIAS3011m 
71CAMBOUE3043m 
72CLARABIDE3028m 
73GOURGS-BLANCS3128m1864. Bacillac et Passet
74SAINT-SAUD3003m 
75ARLAUD3065m1872. Russell et C.Passet
76GOURDON3034m 
77SPIJEOLES3066m1-8-1880. Russell et J.Brunet
78BELLOC3008m 
79SEHIL DE LA BAQUO3109m9-1858. Russell, Strafield et F.B.
80PORTILLON3044m31-7-1894. Brulle et C.Passet
81LITEROLA3132m1-8-1868. Russell et J.Haurillon
82ROYO3120m1-8-1863. Russell et J.Haurillon
83QUAYRAT3060m1879. H.Reboul et assistants
84LEZAT3102m1852. Lezat et camarades
85PERDIGUERO3222m1817. Parrot
86CABRIOULES3109m1852. Lezat et camarades
87MAUPAS3110m1825. Peytier et Hossard
88BOUM3006m9-1858. Lezat et Dr.Laubron
89ALBA3100m7-1868. Russell y J.Haurillon
90DIENTE DE ALBA3114m31-8-1882. Russell et Courrège
91MALADETA OR.3308m29-9-1877. Russell et C.Passet
92MALADETA OC.3178m25-8-1877. Parrot et P.Barrau
93MALDITO3350m3-8-1905. Le Bondidier,Sansuc,Camboué et Luquet
94PUNTA ASTORG3354m9-7-1901. D'Astorg,Brulle,C.Passet et B.Salles
95MEDIO3345m9-1858. Lezat
96CORONAS3310m1864. Russell et un porteur
97ANETO3404m10-7-1842. Franqueville et Tchihatcheff
98RUSSELL3100m1865. Russell et Packe
99MARGALIDA3258m29-7-1905. Le Bondidier et Sansuc
100ESPALDA DE ANETO3340mLes cincq frères Cadier
101TEMPESTADES3310m21-8-1877. Russell et C.Passet
102ARAGÜELLES3037m10-8-1880. Russell et F.Barrau
103LLOSAS Agujas de3004m24-7-1920. Arlaud et Sabadie
104LE BONDIDIER3150m24-8-1921. Arlaud,D'Espouy et Alba
105VALLIVIERNA3067m1864. Barrau,Packe et Barnes
106MULIERES3010m5-8-1879. Barrau,Russell et Caurrège
    
    
(C) SECTEUR ORIENTAL
    
SOMMETALTITUDEPREMIÈRE
107PUNTA ALTA3014m15-8-1880. Schrader et Passet
108PALA ALTA3001m 
109BIZIBERRI NORTE3014m7-8-1889. Sansuc,Spont et Barck
110BIZIBERRI SUR3030m25-8-1866. Packe et Deshwood
111COMOLO FORNO3030m25-7-1882. Brulle,Bacillac et Passet
112P.CELESTIN PASSET3002m25-7-1882. Brulle,Bacillac et Passet
113PICA ESTATS3143m1883. Gourdon et Courrège
114SOTLLO3073m 
115MONTCALM3074m1827. Corabeuf et Testu


Signalons pour clarifier :

Numéro 37, Tuca c'est la Punta de las Olas.
Numéro 46, Tour Neouvièlle veut signaler le Turon de Néouvielle.
Numéro 49, Lauseras c'est la Robiñera.
Numéro 59, Culfreda c'est le nom espagnol du Batoua.
Numéro 61, Bagüeñola c'est un des noms du Grand Pic d'Eriste.
Numéro 62, Tourets c'est le nom français du Pic de la Forqueta.
Numéro 108, Pala Alta c'est la Punta Alta du Serrader qui, dans le guide Pallars-Arán du CEC, œuvre d'Agustín Jolís et Maria Antonia Simó, est citée avec 3001 mètres d'altitude. Aujourd'hui elle est cotée 2983m.

FTer

vendredi 25 mai 2012

Les trois mille fantômes. Nudillo du Mont Perdu.

Entre le Cylindre du Marboré et le Mont Perdu se dresse une crête où les strates de la roche calcaire ont pris une position verticale. La paroi Est du Cylindre montre bien clairement le plissement brutal dont a pâti le rocher. Les couches successives qui apparaissent sur la crête ont supporté l'érosion de différente manière et quelques-unes ont formé le piton du Doigt. Entre celui-ci et le Cylindre certaines strates se sont maintenu élevées et composent deux petites proéminences écartées du Doigt par une brèche profonde de 14 mètres. Cette conformation se distingue très bien depuis le Piton SW du Cylindre, d’où on peut remarquer comment quelques strates sont érodées et d'autres non en formant une sorte de gâteau feuilleté. Une corniche qui suit l’une de ces strates unit par le côté Sud le col du Cylindre à la brèche entre Nudillo et Doigt, elle est praticable sur toute sa longueur.

Nudillo et Doigt du Mont Perdu depuis le Piton SW du Cylindre. (Auteur: Martín Garmendia)


Les premiers parcours de la crête entre le col du Cylindre et le sommet du Mont Perdu ont une histoire curieuse. On peut en lire le récit dans l'œuvre toute récente d'Alain Bourneton : « Gavarnie. Histoire d'un grand site ». Éditions Le pas d'oiseau, Toulouse, 2010.

À Gavarnie, un des problèmes de l'époque consistait à raccourcir l'itinéraire du Mont Perdu, qui était la course la plus demandée. En effet, à partir du village on se servait de deux voies : par la Brèche de Roland, en parcourant tout le versant Sud des Marborés, en dormant aux cabanes de Goriz ; ou en passant par la Brèche de Tuquerouye pour monter au col du Cylindre et par le couloir NW parvenir au sommet. D'ordinaire, les deux chemins se combinaient : la montée par Tuquerouye et le retour par la Brèche de Roland.

Sur la carte, l'accès le plus direct impliquait de passer par les Rochers Blancs. Il semble que ce parcours fut découvert par Laurent Passet, qui proposa en 1861 à Russell de réaliser cette première, selon Beraldi. Bien que l’on ait des doutes sur l'année qui pourrait être 1858, le 13 septembre comme c’est écrit dans le registre de l'Hôtel des Voyageurs.

En résumé, la course se fit en atteignant le col d'Astazou directement depuis Gavarnie. De là ils passèrent sur le glacier du col du Cylindre et poursuivirent par la crête. Ils durent forcément traverser le Nudillo, descendre à la brèche précédant le Doigt, longer ce dernier par les corniches existantes du côté Nord, et enfin, parvenir sur la cime par la partie supérieure du couloir NW.

Mais ce qui n'était pas rare à l'époque, Laurent Passet aurait vendu cette première trois fois, selon Bourneton dans son livre.

Quelqu'un nommé Armengaud décrit cette course dans un livre publié en 1861 : « Escapades d'un homme sérieux », E. Dentu, París. Il offre assez de détails qui rendent crédible son ascension, et donc a pu devancer celle de Russell. Voici un extrait de son récit où il décrit la crête au-dessus du col du Cylindre : « Entre le Cylindre et le Mont Perdu se trouve une arête formidable que l'on peut comparer à un immense coutelas, ou plutôt au cou d'un cheval monstre, hérissé d'une effroyable crinière. Du côté du premier mont, l'inclinaison est très douce, et l'on peut y poser le pied sans crainte. Mais on se trouve bientôt devant une forêt de dents aiguës, sur lesquelles il faut tour à tour marcher, gravir et ramper avec beaucoup de prudence, sous peine de perdre l'équilibre et d'aller gesticuler en Espagne. À nos pieds du côté nord, commencent à se dérouler des nappes de neiges éternelles, qui se transforment bientôt en immenses gradins d'une glace qui est la plus belle des Pyrénées [...]. Nous aboutîmes à une console de trois décimètres de largeur. Du sang-froid ! car il faut poursuivre sans que la main trouve où s'accrocher ! Autour de nous une ceinture de gouffres, où il faut se garder de plonger l'œil trop complaisamment, car le vertige est fatal ! [...] ».

Et dans une rarissime plaquette intitulée "Le Marboré et le Mont Perdu - Juillet 1861" M. Fournier, notaire de Bordeaux, rédige le récit d'une autre de ces premières : « Le 25 juillet, accompagné de Laurent Passet et de Fortané, je quittai l'auberge de Gavarnie à trois heures du matin... ».

Quoi qu'il en soit, cette cote n'est même pas comprise dans la liste de cotes restantes de Buyse, ni n’est citée par Angulo, Alejos ni Capdevila. C'est vrai qu'elle est très peu visible, car de presque tous ses alentours, la crête semble se dérouler sans discontinuer jusqu'à culminer dans le Doigt du Mont Perdu.

Le 13 avril 2011, Martín Garmendia explorait la crête, avec d'autres aiguilles dans le versant Est du Cylindre, trouvant une altitude pour la cote du Nudillo de 3176,1 mètres, et dans la brèche qui le relie au Doigt de 3160,9 mètres. Donc une proéminence de 15,2 mètres. L'altitude de cette cote-ci notée dans la cartographie du Servicio de Información Territorial de Aragón (SITAR) est 3174,05m. La cote 3174 est aussi signalée dans la feuille 146-IV Monte Perdido de la Carte Topographique Nationale d'Espagne au 1/25000, 2ème édition, 2006.

Le nom de Nudillo du Mont Perdu est inspiré par sa forme et son emplacement près du Doigt du Mont Perdu. Le mot "nudillo" est en espagnol la jointure des doigts de la main.

Crête entre le col du Cylindre et Mont Perdu vue du versant Est du Cylindre. (Auteur: Martín Garmendia)


Données techniques :

Brèche Nudillo-Doigt ......... 31T x:256842 y:4729687 z:3160,9m
Nudillo du Mont Perdu.... 31T x:256811 y:4729751 z:3176,1m

Consultez l'activité dans le lien suivant :
Nudillo du Mont Perdu.

FTer

mardi 17 avril 2012

Liste des trois mille de Salvador Morales (1973).

Suivant la tradition aragonaise, Salvador Morales limite sa liste des trois mille à ce territoire. Le "Club des trois mille" naissant, qui motivait Lorenzo Almarza depuis 1932, n'envisage pas encore la Chaîne dans son ensemble. Salvador Morales mentionne que sa liste est établie d’après sa recherche sur le terrain. Nous observons que, dans un cas, il s'est servi des cartes d'Editorial Alpina qui commencent à paraître en 1946. La première carte Alpina comprenant des zones avec des trois mille fut celle de "La Maladeta-Aneto", édition 1958. Il se glisse dans la liste quelques erreurs toponymiques ou de compréhension de noms français, ainsi que d'altitudes.

La liste fut publiée en 1973 dans le "Boletín de Montañeros de Aragón" nº 22, club dont Morales était membre, avec le titre : 92 "tres miles" aragoneses. Les montagnes mentionnées sont, pour la première fois, regroupées par massifs ou vallées dans un ordre Ouest-Est suivant l'usage concerté de l'écriture/lecture dans la représentation cartographique du territoire.

Nous reproduisons strictement la liste de Salvador Morales ci-dessous et annotons le plus remarquable.

PIEDRAFITA
Moros (Balaitus)3150m(1)
Frondella3006m
Faja (Gran Fache)3013m
Infierno Occidental3076m
Infierno Central3090m
Infierno Oriental3065m

PANTICOSA
Argualas3041m
La Bandera3021m(2)
Garmo Negro3051m
Arnales3006m

VIGNEMALE
Vignemal (Long Pic)3303m(3)
Clot de Hount3298m
Cerbillona3247m
Central3235m
Montferrat3220m
Tapou3148m

ORDESA-PINETA
Gabietou3031m
Taillón3141m
Casco3006m
Torre de Marboré3012m
Espalda de Marboré3077m
Cascada Occidental3099m
Cascada Central3029m
Cascada Oriental3088m
Marboré3253m
Astazu3080m
Pequeño Astazu3024m
Cilindro3328m
Monte Perdido3355m
Soum de Ramond3254m

BARROSA
Trumouse3086m
Sierra Morena3090m
Munia3134m
Robiñera3006m

BALINA
Batoa3035m
Ledormeur3120m
Batchimale3029m(4)
Bachimala3177m
Punta Sable3143m

POSETS
Gemelo Norte3125m
Gemelo Sur3160m(5)
Posets (Llardana)3375m
Espadas (Lardaneta)3332m
Tucón Royo3121m
Tucón de la Canal3085m(6)
Forqueta (Turets)3007m
Bardamina3079m

Eristes o Bagüeñolas
Norte (Beraldi)3025m
Central (Eriste)3053m
Sur3045m

ESTÓS
Claravide3028m
Gias3011m
Rochneblave3104m
Gorgas Blancas3129m
Oô (Arlaud)3065m
Seil de la Baquo3114m
Cap de la Baquo3106m
Pico Portillón de Oö3050m
Perdiguero3221m
Hito del Perdiguero3170m
Royo3136m
Literola3132m
Gabrioules Occidental3106m
Gabrioules Oriental3116m
Aguja3025m(7)
Maupas3109m
Boum3004m

BENASQUE
Alba3118m
Diente de Alba3136m
Maladeta Occ. pico 3º3195m
Maladeta Occ. pico 2º3220m
Maladeta Occ. pico 1º3308m(8)
Maladeta Oriental3308m
Maldito3350m
Astorg3354m
Medio3345m
Coronas3310m
Aneto3404m
Espalda del Aneto3350m
Aragüelles3037m
Bondidier3000m
Piedras Albas3000m(9)
Gregüeña3002m
Valliberna Occidental3062m
Valliberna Oriental3067m
Aguja Frankeville3066m
Aguja Tchinchef3048m
Aguja Argarot3030m
Tempestades3290m
Margalida3241m
Mulleres3010m


(1) Salvador Morales utilise le mot Moros pour dénommer le Balaïtous. C’est une appellation exclusive au sud de la frontière. Les études d'Alberto Martínez Embid signalent que le nom provient du proche Pic Palas, anciennement nommé Castet deus Mourrous en France. Il semble que l'échange de dénomination est dû à l’ingénieur Lucas Mallada dans son œuvre "Memorias de la Comisión del Mapa Geológico de España" (1878). Ultérieurement il réapparaît dans un écrit de Juli Soler i Santaló sur le val de Tena en 1911. Plus tard dans la revue Peñalara en 1934. La première édition de la feuille Panticosa de la carte Alpina, où il figure aussi comme Pico Moros, est plus tardive que la liste de Morales puisqu’elle date de 1979. Une étude exhaustive du toponyme Moros, où les sources sont signalées, est donnée dans l'œuvre de Marta Iturralde "Mitología del Balaitús", Editorial Barrabés, Zaragoza, 2005. Pages 43-50.

(2) Il veut dire Pico Algas. Néanmoins le nom La Bandera est utilisé à tort, étant donné que le jour de fête de la Vierge du Carmen, 16 juillet, on montait un drapeau sur un sommet visible des bains de Panticosa. Or le faîte de l’Algas n'est pas visible de là. La cime la plus évidente depuis les bains est l'Argualas, mais la plus facile à atteindre est le Garmo Negro. Dans le livre de Buyse "Les trois mille des Pyrénées" on cite les paroles de José Ignacio López sur cette coutume, notant que le pic ascensionné était l'Argualas ; or les Français appelaient Arollas ou Argalas le Garmo Negro.

(3) Erreur typique dans l'usage de Pic Long pour dénommer la Pique Longue.

(4) Ici Batchimale vient désigner le Pic de l’Abeillé. La cartographie ancienne abonde dans l'usage du nom Batchimale pour signaler le 3000 septentrional de la crête, l'Abeillé. Le sommet dominant, le Grand Batchimale ou Pic Schrader, recevait à tort le nom de Pic Pétard. Carte de Franz Schrader Pyrénées Centrales, Feuille 2 : Posets Mts. Maudits. Erhard imprimeur, 1892. Aussi dans le Guide Soubiron (1931).

(5) Nom traditionnel des deux pointes des Gemelos (Jumeaux), Nord et Sud, et de plus avec leurs vraies altitudes. Les anciens Pics de la Montañeta, nommés ensuite Ledormeur, semblaient avoir trouvé un nom définitif... jusqu'à la venue de Buyse.

(6) C'est la Dent de Llardana, aussi nommée Tucón de la Canal. Henri Brulle, à l'occasion de la première ascension en juillet 1913 l’a baptisée Grande Dent.

(7) C'est l'aiguille dans la crête Est du Crabioules Oriental, aujourd'hui dénommée Aiguille Jean Garnier. Nom pris avec certitude dans la cartographie d'Editorial Alpina, car le mot Aiguille figure déjà à l'Est des Crabioules dans la première édition de la carte "Alto valle del Ésera II - Posets" publiée en 1960. L’appellation provient de Buyse : Jean Garnier décéda en 1988, et le nom de baptême apparaît dans la liste du premier livre de Buyse en 1990. Aucune aiguille ne figure dans la liste publiée dans la revue Pyrénées en 1988.

(8) Les altitudes des trois Pics Occidentaux de la Maladetta sont erronées.

(9) Le pic de Piedras Albas, voisin du Pic Aragüells, figura longtemps dans la cartographie avec 3000 mètres d'altitude. Pic nº 3 d'Estatas avec 3010m dans la carte esquisse "Les Monts Maudits" de Léon Maury en 1945. Et dans la première édition de la carte Alpina "Alto valle del Ésera I - La Maladeta" en 1958 il est répertorié avec 3000m d'altitude. Aujourd'hui son altitude est 2993m.

FTer

mercredi 14 mars 2012

Les trois mille fantômes. Antécime Nord du Sullo.

Le trois mille le plus occidental dans la zone d'Estats, est relié à la Pique d'Estats par le col frontalier de Sullo, borne où convergent les voies normales du Nord et du Sud. La frontière trace au sommet presque un angle droit : d'une orientation Est Ouest en venant de la Pique, elle tourne Sud Nord sur cette cime jusqu'au sommet proche du Guins de l'Ase. Le pic de Sullo est la naissance de trois vallées considérables, au Nord Est la vallée française de la Cometa d'Estats, au Sud la Vall Ferrera, au Nord Ouest la vallée de Broate.

Pic du Port de Sullo depuis la Pointe Verdaguer (Auteur : Joseba Calzada)


La première ascension vérifiable du Pic de Sullo fut accomplie par Jean d'Usel en 1902. Ici la toponymie espagnole, si elle doit servir à quelque chose, est génératrice de confusion. L'ancien nom de ces montagnes sur le versant de Vall Ferrera, y compris la Pique d'Estats, fut toujours Sulló. Mais les noms de Sulló et d'Estats étaient utilisés pour dénommer l'actuel col de Sotllo (2893m). La triangulation française s’appuya sur le signal de premier ordre du Montcalm, l'espagnole choisit comme signal la pointe la plus orientale des trois cimes de la Pique, aujourd'hui Pointe Gabarró, et l’appellation que reçut le signal fut Sulló. Le nom surprenant ici, par conséquent, c'est la Pique d'Estats (le vrai Sulló), dont l'origine est incertaine : peut-être un modernisme tire du le col tout proche ou comme certains le suggèrent il pourrait venir du lieu où se joignaient en d'autres temps la France, l'Espagne et l'Andorre. Mais "état" est un concept très récent et, dans ce cas, le nom devrait être "des trois états"; il pourrait aussi avoir la même origine que Astazous ou Estaubé dans le sens de lieu pastoral, du latin statu [Robert Aymard]. Signalons que le nom espagnol actuel du Pic Sotllo était Pic du Port de Sullo, nom que la toponymie française a conservé.

Sur la crête frontalière nord du Sullo, juste au lieu où elle s'abaisse sur le Col des Guins de l'Ase, on trouve une aiguille ou antécime au-dessus des 3000 mètres qui, selon la cartographie de l'ICC, est détachée du sommet principal par une brèche profonde de plus de dix mètres. Sur la crête occidentale et à une distance similaire du sommet se trouve aussi une autre antécime identique mais moins importante. Ces deux cotes ne sont pas répertoriées dans la liste Buyse des cotes restantes. La première est signalée par Miguel Angulo dans son livre "Pyrénées. 1000 ascensions. Vol. V" comme Antécime Nord avec une altitude de 3050m.

Pic du Port de Sullo et Sullo Nord depuis le col homonyme (Auteur : Joseba Calzada)


En 20 août 2009 Joseba Calzada prend les mesures GPS à la brèche notant une altitude de 3054,9m et à l'Antécime Nord de 3066,7m, donc une valeur pour la proéminence de 11,8m (la cartographie 1:5000 de l'ICC signale les valeurs de 3047,3m et 3058,2m respectivement).

Cartographie 1:5000 de l'I.C.C.


Données techniques :

Brèche Sullo-Sullo N ...... 31T x:367958 y:4725592 z:3054,9m
Sullo N ................ 31T x:367957 y:4725611 z:3066,7m

Consultez l'activité dans le lien suivant :
Sullo Nord.

FTer

mardi 24 janvier 2012

Les trois mille fantômes. Crabounouse Nord.

À l'ombre du Pic Long, versant Nord, se trouve le lac Tourrat (gelé en patois). Jusqu'au milieu du siècle dernier, les glaçons détachés du glacier nord quasiment disparu aujourd'hui, fendaient ses eaux d'un vert pâle particulier. Son emplacement dans l'un des endroits les plus ignorés des Pyrénées explique qu'il fut fréquenté tardivement. Effectivement, au milieu d'un cirque de cimes dépassant les 3000 mètres, son accès naturel depuis Pragnères, par la vallée de Barrada, est défendu par les ressauts difficilement praticables du cirque d'Érès Lits et la gorge de Marraut, les portes d'entrée les plus courantes étant le col de Pierrefitte abordable depuis le village de Villenave au dessus de Luz, le col Rabiet depuis Barèges, où se trouve le refuge ouvert Packe restauré (le deuxième des Pyrénées en ancienneté après le refuge de Tuquerouye et comme lui, œuvre de Lourde-Rocheblave) et la Hourquette de Bugarret depuis Cap de Long.

Un grand relief granitique sans hautes cimes ferme le bassin à l'Ouest du Lac Tourrat. L'endroit se nomme Crabounouse et forme trois buttes qui se dépassent à peine l'une de l'autre. La plus élevée, la Pale de Crabounouse, donne naissance à une crête considérable qui part à l'Ouest, offrant les pics délaissés de l'Espade et d'Estragna. Au Nord, la croupe granitique s'abaisse doucement jusqu'aux alentours du lac Rabiet et porte le nom de Crête de Crabounouse. Le versant Ouest de cette croupe est très escarpé, il y existe un itinéraire totalement oublié qui atteint le sommet depuis le cirque de Érès Lits, en suivant le parcours sauvage du ravin et du lac de Crabounouse.

Le mot Crabounouse, aussi Carbounouse, semble se rapporter aux rochers carbonifères gris-bleuté qui se trouvent sur le versant Sud Ouest. Du latin "carbon", en gascon "crabou" (Robert Aymard. Toponymie des trois mille).

L'isolement de la zone justifie que sa conquête soit relativement tardive. Malgré sa parution déjà dans la carte d’État-Major et sa citation par Russell en 1868, elle ne sera foulée, avec ses voisins Bugarret et Dent d'Estibère Male, que le 13 août 1890 par Brulle et De Monts, guidés par Célestin Passet et Bernat-Salles. Brulle fait une mention express des cinq pointes trouvées.

La cime nord du trio, cote restante 1045 de Buyse, remplit les prémisses établies, présentant une petite brèche avec la cime principale. Luis Alejos la signale comme antécime de la pale de Crabounouse. Miquel Capdevila et Hipólito Maeso la citent aussi, s'écartant tous les deux légèrement de leur parcours pour fouler la cime nord.

Pale de Crabounouse et Crabounouse Nord depuis la crête Ouest du Pic Long (Auteur : Joseba Calzada)


Le 27 juillet 2008, Joseba Calzada et Agustín Bakaikoa parcourent les cimes de Crabounouse et Bugarret. Sa mesure dans la brèche qui relie la cime centrale et la nord montre une proéminence de onze mètres pour celle-ci.

Track des pointes du Crabounouse (Auteur : Joseba Calzada)


Données techniques :

Crabounouse Nord........ 31T x:262098 y:4743396 z:3021,5m
Brèche......................... 31T x:262049 y:4743336 z:3010,5m
Pale de Crabounouse.... 31T x:261976 y:4743272 z:3028m

Consultez l'activité dans le lien suivant :
Crabounouse Nord.

FTer

mercredi 19 octobre 2011

Liste des trois mille de l'Anuario de Montañeros de Aragón (1968).

Dans le livre de Juan Buyse "Les trois mille des Pyrénées" on trouve un résumé des listes précédentes. Parmi celles-ci, l'auteur est stupéfait de trouver une liste, publiée par Montañeros de Aragón en 1968, dont l’inventaire des sommets est, pour le moins, surprenant. Nous avons analysé d'où vient la surprise de Buyse (voir : liste d'Almarza). Alberto Martínez Embid a eu la gentillesse de nous fournir la copie de la dite publication. Nous pensons ne pas abuser de sa confiance en la reproduisant ici.

En examinant cet état, n'oublions pas qu’il date de 1968, il n'est pas étonnant que Buyse reste pantois et qu'il l’exprime : "Il est facile d'imaginer le nombre d'interrogations que formulera le lecteur à la vue de si grandes absurdités. Remarquons que de cette publication jusqu'à aujourd'hui, 22 ans se sont écoulés seulement. Y aura-t-il une erreur dans la date de publication ?" (Edition de 1990).

Il n'y a pas d'erreur dans la date de publication : Bulletin nº 4 de Montañeros de Aragón, mais oui dans l’élaboration supposée par Buyse, puisque c’est une copie de la liste d'Almarza de 1932. Celui qui fit le calque ne tint pas compte que la liste d'Almarza était limitée seulement aux trois mille aragonais et l’étendit à toutes les Pyrénées. Ajoutons que le catalogue des sommets, qui était acceptable en 1932, ne l’est plus du tout en 1968. Buyse, bien qu’en doutant, donna pour bonne la date de la liste. A ce propos, Montañeros de Aragón, avec toute l'équipe, donna tête baissée dans l'erreur.

Liste des trois mille publiée par Montañeros de Aragón en 1968.


FTer